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Le perroquet qui comprend tout de François David

le perroquet qui comprend tout par lolo

le 15/4/2016

il et bien sympa a lire il ma plus beaucoup!!!!
merci


Passage des gloriettes de David Morgon

Calorique par Ric Pochet

le 2/4/2016

Où peut-on trouver, cote à cote, un fondé de pouvoir d'un Émir d'une pétromonarchie du Golfe, une vedette shakespearienne passablement allumée, un bouge plus mal famé par sa clientèle que par ses hôtesses, un gauchiste adepte de la photographie trash, des messes noires où la victime expiatoire n'est autre que le chef de cérémonie? A Lyon bien sûr, entre traboules et ruelles pentues de la Croix rousse, dans cette enfilade de rues pittoresques qui fut le théâtre de l'enfance de notre privé de la Cité des Gaules, David Morgon et son double éponyme, l'auteur de polars dont il est le héros. Lyon est à Morgon ce que Paris est à Nestor Burma: un lieu d'intimité, de ressourcement et de mystère, traversé de forces obscures dont les faits divers criminels ne sont que les symptômes apparents. La ville est une poupée gigogne: plusieurs niveaux de réalité s'emboitent les uns dans les autres, chacun sous l'apparence de celui qui le recouvre mais tout aussi prégnant, perceptible bien que clandestin. Kafka disait, à propos de Prague, "Cette ville ne nous lâchera jamais, cette petite mère a des griffes." La même image vaut pour Lyon. Tous les personnages en sont imprégnés. La ville est devenue leur cortex reptilien.
Que c'est-il passé dans ce passage des Gloriettes ? Morgon y vient trainer sa carcasse de privé épicurien à l'invitation d'un architecte ayant pignon sur rue (ça s'impose quand on est architecte!) qui soupçonne d'infidélité sa promise, une actrice si pénétrée du rôle dans une pièce du plus grand des dramaturges anglais qu'elle en cherche l'inspiration... dans sa participation à des messes noires. Mais un complot se trame contre le futur mari pour qu'il consente à réviser ses plans, et dont la belle-future épouse sera le centre de gravité. Mais l'amant maître-chanteur passe de vie à trépas, bientôt suivi d'un comparse. Le passage des Gloriettes devient alors aussi fréquenté que l'Achéron en période d'hécatombe guerrière, ce fleuve où l'on séparait les vivants et les morts. Finalement, Morgon sera appelé à vérifier un vieil aphorisme qui veut que tout ce qui est pittoresque est rempli d'arrières-pensées morbides.
Morgon n'est pas du tout dépaysé dans cette ambiance aux relents moyenâgeux.. Il est fait du même granit que les vieilles pierres élevées au bord de la Saône et qui s'offrent quelques divertissements ésotériques pour égayer leur tréfonds mélancolique. Car le roman est aussi une version actualisée de la vielle querelle entre anciens et modernes. Ainsi, un aristocrate cacochyme croise un escroc aventurier et un émir avide de conquêtes.
Mais notre homme est aussi un philanthrope. Preuve en est de la manière dont il évoque les femmes. Foin de perversion, toutes sont le filigrane de cette violence dont transpire la ville. Il y a plus de générosité et de compassion chrétienne dans le bordel du passage des Gloriettes qu'il n'y en a dans la cathédrale du primat des Gaules. Morgon est, mine de rien, un sentimental mais aussi un manichéen: dans le camp du mal on trouve rarement des femmes. Même la luxure, cette invention masculine, leur est étrangère et dans les messes noires où la transgression est la règle, elles subissent plus qu'elles n'animent.
Dans cette histoire, le privé, selon la tradition, prends des corps et des coups. Il joue les démineurs et les poseurs de pièges, les indics auprès des flics et le guignol qui bastonne le gendarme (on reste à Lyon !). Il demeure un incoercible amateur de chaire et de chair. Il alterne ainsi les amitiés viriles et le libertinage. Il est finalement ce qu'il mange: un condensé de raffiné dans la texture et la composition, associé à du roboratif calorique, le mélange ayant la propriété de varier les saveurs. Tout cela donne un roman de bonne tenue, malgré ses quarante ans d'âge parce que l'art culinaire nous apprend que les grands plats sont toujours meilleurs réchauffés.



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