Univers clos de jeunes garçons qu’enserre la stricte discipline d'un collège religieux, l'internat de Saint-Claude est le royaume d'élection des « amitiés particulières ». On les cultive en secret dans cette atmosphère où, un jour d'octobre, pénètre le brillant élève de 3ème, Georges de Sarre, âgé de 14 ans. Séduit par la beauté angélique d'Alexandre Motier, son cadet de 18 mois, qui se trouve dans une autre classe, Georges parvient, en dépit de tous les obstacles, à conquérir l'amitié de l'enfant. La grande qualité d'âme d'Alexandre préservera de toute équivoque la pureté de leur sentiment : le reflet du soleil sur une chevelure, la complicité d'un regard, l'éclat d'une lèvre, la chaleur d'une main, le pacte scellé par un échange de sang, les petits billets, les rendez-vous furtifs, voilà de quoi s'alimente et se fortifie leur amitié. Elle est devenue une religion pour le plus jeune qui va jusqu'à dire à son ami « je t'aime plus que la vie, » Georges parvient à apaiser la vigilance un moment alertée du Supé-rieur et du père Lauzon, leur directeur de conscience, et une délation les affranchira d'une autre surveillance, celle du perspicace, de l'inquiétant père de Trennes : Mais ils sont surpris un jour en flagrant délit d'apartés. Cette fois ce sera la séparation définitive, et, pour les deux enfants, finalement vaincus, un affreux déchirement. Le père Lauzon obtient de Georges, Plus souple que son jeune ami, la restitution des billets d'Alexandre qui les reçoit de la main même de son directeur de conscience. Quel sera le dénouement de la tragédie qui, à ce moment, se joue en silence dans l'âme de cet enfant secret, demeuré d'une inflexible rigueur ? Quant à Georges qui, malgré ses torts, a eu de beaux élans de géné-rosité, saura-t-il surmonter sa souffrance ? Il serait vain de vouloir faire passer ici toute la substance de cette oeuvre riche et forte où l'auteur sonde des profondeurs interdites. Ce chef-d’oeuvre d'analyse psycholo-gique, faite de mesure et de tact, est aussi un livre nourri de poésie et de symboles où ne cesse de briller une érudition qui se laisse pour-tant oublier tant elle fait corps avec le récit.
Source : Le Livre de Poche, LGF
Par :
Julien COUSINET Le :
22/11/2011
Ce fut une incroyable découverte que ce livre, avec le style d’un livre classique, un roman qui narre l’attirance de deux garçons ddans un endroit clos, en l’occurrence ici, une école religieuse avec son internat…
Ce fut un véritable choc de découvrir une écriture aussi bien soignée et la description des personnages, des lieux, des sentiments sont vraiment une réussite. La plume est soignée, délicate, qui narre l’histoire dans les moindres...
Ce fut une incroyable découverte que ce livre, avec le style d’un livre classique, un roman qui narre l’attirance de deux garçons ddans un endroit clos, en l’occurrence ici, une école religieuse avec son internat…
Ce fut un véritable choc de découvrir une écriture aussi bien soignée et la description des personnages, des lieux, des sentiments sont vraiment une réussite. La plume est soignée, délicate, qui narre l’histoire dans les moindres détails avec la vie d’antan, la tradition et les relations qu’ont les jeunes gens de cette époque.
Le style est assez simple même si plusieurs retours en arrière ont été nécessaires pour moi parce que l’année où ce roman est sorti, en 1944, on ne parlait pas comme aujourd’hui ! Même si il y a eu un peu la difficulté du langage, on n’est pas gêné par ce détail, c’est même un bien qui nous fait rouvrir le dictionnaire !
J’ai complètement adoré ce livre. du début à la fin j’ai adhéré, me plongeant dans l'histoire, je me suis vraiment identifié aux personnages, inspectant comment mûrissent les amitiés particulières. Je me serais cru à cette époque !
Vraiment un de mes coups de cœur littéraires, un roman que jamais je n’oublierai, un roman qui m’a aussi servi pour évoluer et m'encourager à lire d’autre livres de ce genre et de cet auteur.
Daphnis et Giton
28/2/2004
Paul Pléchamp
-
Alsace
Note :
Quand on entend le langage des jeunes, et quand on sait les films qu’ils regardent, on se doute qu’un livre comme «Les Amitiés particulières» leur paraîtrait fort anodin. Au reste, cette histoire d’amour entre deux jeunes garçons dans un collège de Jésuites est traitée avec une pudeur et une discrétion que l’auteur a eu grand tort de ne pas conserver par la suite. Tout y est en demi-tante, suivant le mot du «Canard enchaîné».
N’allons pas croire à la vérité des caractères. Georges de Sarre, le héros principal, j’allais dire le narrateur, possède une culture qui dépasse de trop loin le niveau de son âge : la référence, littéraire ou historique, lui vient trop facilement à la bouche. Mais demande-t-on à Candide ou à M. Bergeret d’être des modèles de psychologie ? Nous sentons bien, en réalité, que ce collégien de quatorze ans c’est Roger Peyrefitte lui-même, docteur Faust rendu à la jeunesse par quelque pacte avec le diable, et qui se hâte de revivre les meilleurs moments de sa vie. Quant à André Ferron, j’y verrais volontiers Montherlant, venu un instant l’accompagner mais voué à disparaître dès le début : un seul roman est trop petit pour contenir ces deux géants.
S’il faut lire cet ouvrage, et il faut le lire évidemment, c’est pour retrouver la magie d’un des derniers auteurs qui ait su écrire dans notre langue, et qui ait pu trouver encore un public pour le lire et un jury pour le couronner.