Les enfants s'arrêtèrent interdits dans la petite clairière ; un homme était couché à plat-ventre dans le marais-salant. Les courtes palmes de Senils semblaient bercerson dernier sommeil.
C'est aussi de son dernier sommeil que dort Pedro, le coeur percé d'une dague, dans l'autocar déserté par les voyageurs du vendredi. Ces voyageurs, qui venaient de Leucate et se rendaient à Narbonne, avaient pourtant l'air bien inoffensifs. Comme a l'air inoffensif le cargo scandinave amarré sous le soleil, dans le petit port de la Nouvelle. Et pourtant tous, du marin danois à l'ouvrier de la fabrique de soufre, de l'écolier au pêcheur, ils sont les acteurs mystérieux de ce drame où bien d'autres laisseront leur vie.