Parmi les déchets que produisent les centrales, qu'appelle-t-on déchets de haute activité ? Constituent-ils une menace pour les générations futures ? Qu'en fait-on actuellement ? Qu'envisage-t-on pour leur gestion à long terme ? A quel prix ? Avec quels acteurs ?
Promulguée en 1991, la loi Bataille, qui donnait quinze ans aux organismes de recherche pour proposer des solutions techniques permettant d'assurer une gestion sûre et efficace des déchets nucléaires à vie longue, arrive à son terme. L'heure est au bilan.
Avant toute chose, l'auteur commence par démystifier ce déchet d'un type particulier qu'est le déchet nucléaire, et notamment celui « de haute activité » qui a fait dire à certains que le nucléaire ne pourrait perdurer faute de solution définitive pour ces produits indésirables qui menacent les générations futures. Il présente donc les données de base : quantités de déchets produites, origine, dangerosité, localisation. Puis il lève le voile sur l'aspect technique de la problématique en nous expliquant quelles sont les méthodes de traitement des différents types de déchets nucléaires ainsi que les solutions pour leur gestion à long terme. Pour les déchets de haute activité, un consensus international se dégage pour une solution en deux étapes : une période d'entreposage (d'une durée d'environ cent ans) suivie d'un stockage en formation géologique profonde destiné à éviter toute interaction avec la biosphère pendant au moins 10 000 ans. Stéphane Gin explique comment les chercheurs sont parvenus à faire des prédictions sur ces échelles de temps, en quoi consiste un stockage géologique profond et comment la Nature corrobore l'approche scientifique. Il termine ce petit tour d'horizon par un point sur la situation internationale, sans oublier de rappeler que les décisions en la matière ne sont pas du ressort des scientifiques, mais bien de la collectivité.