En entreprenant l'étude psychologique des sou-coupes volantes, C. G. Jung refuse de se prononcer sur le problème de la matérialité physique des faits et il étudie pour l'essentiel les soucoupes volantes, que l'on prétend avoir "vues", comme si on les avait "rêvées". Il ne s'attache que secondairement au problème de leur réalité externe. Même si elles revêtaient une réalité physique, support du phé¬nomène psychologique, C. G Jung montre que, dans le sens le plus large, ce dernier est le fruit de la fonction imaginante inconsciente.'
Le lecteur découvrira comment le phénomène et l'imagerie des soucoupes volantes expriment, de façon totalement inattendue, l'inadéquation de l'homme moderne à lui-même et au monde, la détresse qui en résulte, une mise en forme balbu¬tiante—grâce à un langage puisé dans l'actualité — de ce qui l'agite, et aussi une tentative de conci¬liation de ses forces contraires.
C. G. Jung inscrit --- au-delà de son enquête --la somme de son savoir, de sa réflexion, de son intuition sur le monde et son avenir. Il y dégage pour nous, à l'occasion d'un phénomène contem¬porain insolite, en une manière d'étude de psycho¬logie appliquée, les leçons de sa science et aussi de sa vie.
Le Mythe moderne de C. G. Jung montre un point de jonction entre deux infinis, l'infini du monde extérieur et l'infini qui sommeille en tout homme.
Source : Gallimard
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