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Les belles endormies

Yasurnari Kawabata

Résumé : Yasunari Kawabata nait le 11 juin 1899 à Osaka. La tragédie enveloppe ses premières années, la mort berce sa jeunesse. Entre les deux, la solitude. Il perd brutalement ses parents, son unique soeur, sa grand-mère. Seul le grand-père veille désormais sur l'enfant - un enfant déjà taciturne. Mais le grand-père est vieux, bientôt aveugle et malade. Il meurt à son tour. Kawabata n'a pas encore quinze ans! Voilà les souvenirs que se prépare l'adolescent.
A la réalité brutale répond l'évasion vers la littérature. Et Kawa-bata va caresser avec tendresse et émotion - comme plus tard le personnage de son roman aux prises avec les Belles Endormies les tombes de ses morts bien-aimés. De quoi pourrait-il parler en effet sinon de la mort - cette vérité de la mort qu'il vient de vivre si intensément et qu'il restitue dans le journal intime de ma seizième année (l 925) ?
Bientôt Kawabata quitte la ville. La solitude choisie lui paraît seule supportable. Et pendant ce temps, il ne cesse d'écrire pour voiler sa tristesse, pour donner un sens à sa vie ou tout simplement pour connaître des moments de bonheur. Il publie avec suc-cès ses premiers romans comme La Danseuse d1zu en 1926. Déjà l'écrivain a trouvé son ton d'esthète et se dégage de toute amertume, pour communier délicatement avec ce qui l'entoure. De cette attitude nait une sagesse qui l'accompagnera jusqu'à sa mort...
En attendant, il démultiplie ses forces et déborde d'activités. Il fonde des revues littéraires, lance le mouvement « sensations nouvelles », s'exerce au roman, à la nouvelle, à l'essai, au feuilleton et même au cinéma. Il crée un genre inédit : le « roman miniature ».
Les livres se succèdent donc, qui feront de lui le plus grand romancier japonais de son temps : Pays de neige (1948), Nuée d'oiseaux blancs (1952), Le Grondement de la montagne (1954) ou Les Belles Endormies... D'un livre à l'autre se retrouvent la solitude et la mort, l'amour et l'érotisme avec, toujours en arrière-plan, dedélicates évocations de jardins, de paysages, de saisons. Le style se dépouille au long des années jusqu'à devenir parfaitement sobre, presque neutre. L'écrivain est celui qui observe à distance le fragile ennui de la vie, dans une sorte de passivité sereine. Le 16 avril 1972, Kawabata a-t-il trouvé la sérénité finale ? Faut-il parler de sagesse suprême ou d'enfer mental, quand celui qui avait obtenu des millions de lecteurs, qui s'était vu attribuer le Prix Nobel de littérature en 1968, se retire non loin de sa maison dans un petit appartement de location étriqué et sinistre pour disparaître ? Suicide minutieux et solitaire qui pouvait lui donner accès à un autre univers, mais lequel ?
« Il est facile d'entrer dans le monde des Bouddha, il est difficile d'entrer dans le monde des démons... Tout artiste aspirant au vrai, au bien et au beau comme objet ultime de sa quête, est fatalement hanté par le désir de forcer cet accès difficile du monde des démons, et cette pensée, apparente ou secrète, hésite entre la peur et la prière. »
Dans quel monde entrait le vieil Eguchi lorsqu'il franchissait le seuil des « Belles Endormies »? Ce roman, publié en 1961, décrit la quête de vieillards en mal de plaisirs. Dans une mystérieuse demeure, ils viennent passer une nuit auprès d'une adolescente endormie. Mais la fille ne s'abandonne pas au sommeil naturel.
Sous l'effet d'un puissant narcotique, elle dort d'une traite tout au long de la nuit. Elle ignorera même avec qui elle a passé cette nuit.
Ces vieillards ou « clients de tout repos » franchissent les cham-bres secrètes des dormeuses comme le temple de quelques prêtresses. Et là, auprès de ces poupées vivantes, peut-être retrouvent-ils l'illusion d'une jeunesse, d'une vitalité perdue, d'une dernière aventure sans doute, « comme si l'on couchait avec un Bouddha
caché ». Sans honte et sans gêne, sans culpabilité aucune, ces vieillards incapables désormais de se comporter en hommes, trouvent là leur dernière chance, un cadeau de vie.
Pour Eguchi, ces nuits passées dans la chambre des voluptés lui permettront de se ressouvenir des femmes de sa vie, et de se plon-ger dans de longues méditations. Pour atteindre, qui sait, au seuil de la mort, à la douceur de l'enfance et au pardon de ses fautes.

N. C.
Source : Le Livre de Poche, LGF

"Les belles endormies" est paru dans les collections suivantes :

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Le Livre de Poche n°3008 | Librairie Générale Française

1ère édition en 1984

Traduit par René Sieffert


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